Fly with the crane | 告诉他们, 我乘白鹤去了

Fly with the crane de Li Ruijun

Réalisateur:

Titre en Pinyin: 
Gàosù tāmen, wǒ chéng báihè qùle
Année: 
2012

Un village dans la province du Gansu, dans le nord-ouest de la Chine. Ancien fabricant de cercueils, le vieux Ma, 73 ans, a cessé son activité au moment où une loi a rendu la crémation obligatoire. Il a travaillé dur pour élever ses enfants et ceux–ci ont l’intention de le faire incinérer comme l'exige la loi alors que lui souhaite être transporté au paradis par une grue blanche. Il décide de passer désormais son temps en compagnie de ses petits-enfants.

S’il fallait retenir :

Un plan

Le vieux Ma et sa petite fille marchent dans un marais verdoyant dos à la caméra. Le vieux Ma est attiré par les grues présentes en arrière-plan venues chercher à manger dans ce lieu propice. Ce plan à la superbe composition marque le début de sa quête pour celles qui, il pense, l'emmèneront au paradis.

Une séquence

Le vieux Ma passe un séjour chez sa fille dans un village voisin pour la fête de la mi-automne. Il trouve l'endroit suffisamment isolé pour y être enterré secrètement et le fait savoir à sa petite fille avec laquelle il passe la majeure partie de son temps. Lors d'une séquence très amusante on comprendra que le vieux Ma se sert de sa petite fille pour pouvoir exprimer son souhait à sa propre fille. Ainsi dans un premier plan la mère demande à sa fille ce que lui a raconté son grand-père tout en lui demandant de garder le secret sur cette conversation, mais c'est sans compter sur la ruse de celui-ci, qui dans un plan suivant va demander à sa petite fille ce qu'elle vient de dire à sa mère, afin de vérifier que le message est bien passé. La petite fille refuse de lui dire, obéissant à sa mère dans un premier temps. Mais le vieux Ma lui dit alors que ce n'est pas grave si elle a oublié, alors celle-ci tombe dans le piège. Cette séquence est très représentative de la très grande complicité que le grand-père entretient avec ses petits-enfants. L'interprétation des enfants et de Ma Xinchun (马新春) qui joue le grand-père est parfaite.

Une idée

Le vrai charme du film est la poésie qui s'en dégage. Comment évoquer le droit à disposer de son corps après la mort ? Comment mettre en cause une loi qui brise les traditions des plus modestes ? Le réalisateur Li Ruijun (李睿珺) nous raconte sous la forme d’une fable, l’histoire de ce vieux Ma hanté par sa fin prochaine, qui veut rejoindre le ciel sur le dos d’une grue, comme dans la légende. Se sentant abandonné par ses enfants, décidés à respecter la loi et terrifiés par cette responsabilité, celui-ci se tourne vers ses petits-enfants, seul espoir à ses yeux. Avec eux il s’amusera à boucher les cheminées du village, comme pour conjurer son propre sort. Les rejoindra pour observer leur séance d’apnées dans le sable et comme eux dont une simple pelle leur sert de cheval, n’aura de cesse de chercher sa monture vers l'au-delà.

Le vieux Ma et sa petite fille

Un personnage

Le vieux Ma dont le métier disparaît avec l'instauration de la crémation obligatoire dessinait des grues sur les cercueils qu'il fabriquait. Il ne se sent plus maître de son destin, et se sent abandonné par les siens, il n'aura de grâce qu'en ses petits-enfants qui finalement vont réaliser son souhait le plus cher.

Encore quelque chose…

Le film est adapté d'une nouvelle de Su Tong (苏童), auteur s'il faut le rappeler du roman « Épouses et concubines » (妻妾成群). Pour accompagner cette touchante histoire, Xiao He (小河) compositeur et chanteur de musique folk a écrit une superbe bande son pour le film.

 

Découvert lors du Festival du cinéma chinois en France 2014.

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